Autoconsommation
L'autoconsommation est le réglage permanent de votre installation : elle consomme et stocke en priorité votre propre production solaire, avant de faire appel au réseau électrique.
L'essentiel
- C'est le comportement par défaut de votre batterie : à chaque instant, elle cherche à ramener vers 0 W ce que vous échangez avec le réseau, au niveau de votre compteur de tête.
- Elle stocke l'excédent de production solaire pendant la journée et le restitue le soir ou la nuit, sans aucune action de votre part.
- Elle s'applique à tout le monde, avec ou sans option tarifaire, avec ou sans compensation, et continue de fonctionner même sans connexion internet.
- C'est la fonction sur laquelle s'appuient toutes les autres : charge intelligente, flexibilité et alimentation secourue s'y ajoutent, elles ne la remplacent jamais.
Pourquoi l'autoconsommation ?
Un kWh acheté au réseau coûte nettement plus cher qu'un kWh injecté ne vous en rapporte. Sans stockage, cet écart pèse lourd : vos panneaux produisent surtout entre 10 h et 16 h, alors que votre maison consomme davantage le matin et en soirée. Une bonne partie de votre production part donc sur le réseau au moment même où vous en auriez besoin quelques heures plus tard. La batterie comble ce décalage : elle capte l'excédent de la journée pour vous le restituer quand vous en avez besoin.
Comment ça marche
Le système mesure en continu ce qui se passe à votre compteur de tête (voir le lexique) et ajuste la batterie pour que cet échange reste aussi proche que possible de 0 W : tout excédent de production charge la batterie, tout déficit est comblé par une décharge.
Quatre flux sont possibles, à tout instant :
| Flux | Quand |
|---|---|
| Panneaux → maison | Dès qu'il y a du soleil : l'énergie la plus rentable, consommée directement |
| Panneaux → batterie | Quand vous produisez plus que vous ne consommez |
| Batterie → maison | Le soir, la nuit, ou pendant un pic de consommation |
| Réseau ↔ maison / batterie | Pour le complément, quand production et batterie ne suffisent pas |
Taux d'autoconsommation : la part de votre production que vous consommez vous-même. Taux d'autonomie (que l'application affiche sous ce nom) : la part de votre consommation couverte par votre propre production. Les deux peuvent diverger fortement : produire beaucoup et n'en consommer qu'une petite part donne un taux d'autoconsommation faible, tout en couvrant très correctement vos besoins si l'installation est surdimensionnée. Sans batterie, un ménage autoconsomme typiquement de l'ordre de 30 % de sa production solaire, le reste partant sur le réseau faute de coïncider avec un besoin immédiat. Une batterie bien dimensionnée fait progresser ce taux de façon sensible, dans une mesure qui dépend de votre profil de consommation et de la taille de votre installation.
Sur une journée d'été type, le mécanisme se lit ainsi :
La nuit et tôt le matin, la maison vit sur la réserve de la batterie, dont le niveau baisse doucement. Dès que la production solaire dépasse la consommation, l'excédent recharge la batterie, qui atteint son plein en tout début d'après-midi — la charge ralentit alors nettement à l'approche des 100 %, une phase d'absorption normale sur toute batterie lithium. En fin de journée, la batterie se décharge pour couvrir la pointe de consommation du soir, avant que le cycle ne recommence le lendemain.
En moyenne, chez un foyer équipé, l'énergie consommée sur une année se répartit à peu près en trois tiers : un tiers autoproduit et consommé directement (panneaux → maison), un tiers stocké dans la batterie puis restitué (panneaux → batterie → maison), et un tiers prélevé sur le réseau lorsque ni le solaire ni la batterie ne suffisent. C'est une moyenne observée, pas une règle universelle : la répartition réelle dépend fortement de votre profil de consommation et de la taille de votre installation.
Ce qu'il faut voir dans ce découpage, c'est que votre batterie agit sur les trois tiers à la fois : elle grossit le tiers autoproduit en évitant les injections inutiles, elle constitue le tiers stocké, et elle réduit le tiers prélevé — le seul des trois qui vous coûte quelque chose.
Ce que vous voyez dans l'application
L'application affiche vos flux en direct — production, consommation, charge et décharge de la batterie, échanges avec le réseau —, rafraîchis toutes les deux secondes, ainsi que le niveau de charge de votre batterie en pourcentage et l'historique de vos journées.
Voici, à titre d'exemple, ce que ce mécanisme donne dans l'historique d'une journée réelle : la consommation et la production solaire en barres horaires, le niveau de charge de la batterie en courbe. On y distingue nettement les deux temps du cycle : la charge par l'excédent solaire en cours de journée, puis la décharge qui couvre la consommation du soir.
Ce que ça change sur votre facture
Un kWh autoconsommé remplace un achat au prix plein. Un kWh injecté, lui, ne vous rapporte que peu de chose une fois la compensation disparue — quelques centimes, loin du prix auquel vous rachetez de l'électricité. C'est cette asymétrie qui donne toute sa valeur à l'autoconsommation.
Exemple illustratif. Prenons un ménage dont la production et la consommation annuelles s'élèvent chacune à 5 000 kWh, et dont la batterie fait passer le taux d'autoconsommation de 35 % à 70 %.
Hors mécanisme de compensation, l'énergie injectée est valorisée à quelques centimes par kWh (3 c€/kWh dans cet exemple) et l'énergie prélevée au tarif plein (40 c€/kWh) :
| Sans batterie | Avec batterie | |
|---|---|---|
| Consommation annuelle | 5 000 kWh | 5 000 kWh |
| Production annuelle | 5 000 kWh | 5 000 kWh |
| Taux d'autoconsommation | 35 % | 70 % |
| Injection sur le réseau | 3 250 kWh | 1 500 kWh |
| Prélèvement sur le réseau | 3 250 kWh | 1 500 kWh |
| Valeur de l'injection (3 c€/kWh) | 98 € | 45 € |
| Coût du prélèvement (40 c€/kWh) | 1 300 € | 600 € |
| Facture (prélèvement − injection) | 1 203 € | 555 € |
| Gain apporté par la batterie | — | 648 € |
Avec le mécanisme de compensation (« compteur qui tourne à l'envers »), l'essentiel de la facture ne dépend plus du prix de l'énergie, largement neutralisé par la compensation, mais des frais de réseau liés au tarif prosumer :
| Sans batterie | Avec batterie | |
|---|---|---|
| Consommation annuelle | 5 000 kWh | 5 000 kWh |
| Production annuelle | 5 000 kWh | 5 000 kWh |
| Taux d'autoconsommation | 35 % | 70 % |
| Injection sur le réseau | 3 250 kWh | 1 500 kWh |
| Prélèvement sur le réseau | 3 250 kWh | 1 500 kWh |
| Frais de réseau | 400 € | 200 € |
| Gain apporté par la batterie | — | 200 € |
Dans cet exemple, cette même progression du taux d'autoconsommation a donc une valeur trois fois plus élevée une fois la compensation disparue. C'est un point important si vous êtes encore sous compensation aujourd'hui — nous y revenons plus bas.
Ces chiffres sont un exemple illustratif : les pourcentages, prix et montants retenus servent à démontrer le mécanisme. Votre gain réel dépend de votre profil de consommation, de la taille de votre installation et de votre contrat d'énergie.
Pour qui c'est utile
L'autoconsommation profite à tout propriétaire d'une installation solaire : elle ne demande ni contrat particulier, ni option à souscrire, ni condition d'éligibilité. Elle est active dès la mise en service de votre batterie.
Son intérêt varie toutefois selon votre situation :
- Si vous bénéficiez encore de la compensation (installations certifiées avant le 1ᵉʳ janvier 2024, jusqu'au 31 décembre 2030), l'essentiel du gain porte sur les frais de réseau plutôt que sur le prix de l'énergie, pour les raisons expliquées ci-dessus. Le suivi de votre compensation fait l'objet d'une fonction dédiée : la batterie virtuelle.
- Si vous n'en bénéficiez pas — nouvelle installation, ou après la bascule du 1ᵉʳ janvier 2031 —, chaque kWh autoconsommé a une valeur pleine et immédiate.
- Quel que soit votre contrat (monohoraire, bi-horaire ou dynamique), l'autoconsommation reste optimisée. Un contrat bi-horaire ou dynamique permet en plus un arbitrage tarifaire sur le complément : voir Charge intelligente.
Activer ou désactiver
Il n'existe pas d'interrupteur « autoconsommation » dans l'application : c'est le socle permanent de votre installation, actif dès la mise en service, sans réglage ni action de votre part.
Toutes les batteries reçoivent en continu un planning visible dans l'application, y compris sans option tarifaire : par défaut, ce planning se contente d'optimiser votre autoconsommation. Lorsqu'une autre fonction est active — charge intelligente, flexibilité, réserve adaptative —, elle s'ajoute à ce socle et peut temporairement infléchir la trajectoire de charge, sans jamais le supprimer. L'ordre dans lequel ces fonctions se combinent est détaillé dans Votre système en un coup d'œil.
Normal ou pas normal ?
| Ce que vous observez | Normal ? | Que faire |
|---|---|---|
| Le compteur de tête n'affiche jamais exactement 0 W | Oui : un léger écart est structurel (tolérance des capteurs, décalage de mesure) | Rien à faire ; voir Les chiffres semblent faux si l'écart est important et persistant |
| Ma batterie se recharge depuis le réseau alors que je consomme | Oui, dans plusieurs cas normaux (remontée au plancher, tarif avantageux, réserve de flexibilité) | Voir Elle se charge depuis le réseau |
| Mon taux d'autoconsommation affiché me semble bas | Généralement oui, surtout en hiver ou si l'installation est surdimensionnée par rapport à vos besoins | Comparez votre évolution dans le temps plutôt que la valeur absolue |
| Le compteur ne « tourne plus à l'envers » comme avant | Dépend de votre situation de compensation, pas de l'autoconsommation elle-même | Voir Batterie virtuelle |
| L'autoconsommation semble s'arrêter après une coupure internet | Non : c'est une idée reçue, elle continue en local | Voir Votre système en un coup d'œil |
Pour tout autre comportement qui vous surprend — batterie qui plafonne avant 100 %, qui reste inerte, qui décharge sur le réseau —, la page Pourquoi ma batterie fait ça ? couvre les cas les plus fréquents un par un.