Alimentation secourue
L'alimentation secourue maintient sous tension une sélection de circuits de votre maison lorsque le réseau électrique est coupé, en s'appuyant sur l'énergie stockée dans votre batterie.
L'essentiel
- En cas de coupure de réseau, votre installation isole automatiquement les circuits raccordés à la sortie secourue et continue de les alimenter depuis la batterie.
- Seule une sélection de circuits est concernée : les gros consommateurs en sont volontairement exclus, pour une raison précise (voir plus bas).
- La bascule est automatique, et le retour au réseau l'est tout autant, sans intervention de votre part.
- Vous êtes prévenu par notification dans l'application, avec une estimation de votre autonomie restante.
- L'autonomie dépend de la capacité installée, du niveau de charge au moment de la coupure et de ce que consomment les circuits secourus. Le curseur
Niveau minimum de chargede l'application fixe une réserve garantie : la méthode pour la dimensionner est plus bas.
Pourquoi une alimentation secourue ?
Une coupure de réseau, même brève, prive normalement toute une maison d'électricité. L'alimentation secourue vous permet de garder l'essentiel — éclairage, réfrigérateur, connexion internet — sans y consacrer toute la capacité de votre batterie, dont la puissance disponible en mode isolé reste, par nature, bien inférieure à celle de votre raccordement au réseau.
Comment ça marche
Tant que le réseau est présent, tous vos circuits — secourus ou non — sont alimentés normalement, et la batterie continue d'optimiser votre facture sur l'ensemble de l'installation. Dès qu'une coupure est détectée, votre installation se sépare automatiquement du réseau : c'est l'îlotage, une obligation réglementaire qui garantit la sécurité des équipes de votre gestionnaire de réseau (GRD) pendant leurs interventions, en évitant que votre installation ne réalimente accidentellement une ligne sur laquelle elles travaillent. Seuls les circuits raccordés à la sortie secourue restent alors sous tension, depuis la batterie. Au retour du réseau, votre installation se resynchronise et rétablit l'alimentation normale, automatiquement.
Dans ce cas, le courant revient mais les onduleurs photovoltaïques du quartier restent à l'arrêt — c'est un comportement réglementaire, expliqué dans Votre rue est alimentée par un groupe électrogène.
Le choix des circuits secourus est fait avec votre installateur au moment de l'installation :
| Pendant une coupure | Exemples |
|---|---|
| Restent alimentés (circuits secourus) | éclairage, box internet, réfrigérateur et congélateur, prises courantes, pompe de cave, ordinateur |
| Hors tension | pompe à chaleur, borne de recharge de véhicule, four, plaque de cuisson, chauffe-eau électrique |
Ces gros consommateurs sont volontairement exclus du périmètre secouru : ils appellent plusieurs kilowatts à leur démarrage, davantage que ce que l'installation peut fournir en mode isolé. Les inclure ferait courir le risque de mettre l'ensemble du circuit secouru en sécurité dès leur mise en route — précisément au moment où vous avez besoin qu'il tienne.
Voici ce dont vous disposez réellement, selon votre modèle :
| Modèle | En continu | En pointe (démarrage d'un appareil) |
|---|---|---|
| Azen 230S et 230S PV (monophasé) | 4 000 W | 9 000 W |
| Azen 400 (triphasé) | 3 × 2 400 W | 3 × 5 500 W |
La valeur « en pointe » n'est disponible que brièvement, le temps qu'un moteur démarre. C'est la valeur « en continu » qui détermine ce que vous pouvez faire tourner durablement pendant une coupure. Le détail figure dans la fiche technique de votre installation.
En monophasé, 4 000 W en continu couvrent sans difficulté l'éclairage, la box internet, le réfrigérateur, le congélateur, un ordinateur et quelques prises — soit largement le confort de base. Ce qui ne passe pas : un four, une plaque à induction, un chauffe-eau électrique ou une borne de recharge, qui à eux seuls dépassent cette limite.
Si la batterie se vide complètement pendant une coupure prolongée, les circuits secourus s'éteignent à leur tour. Ils se rallument automatiquement au retour du réseau, ou dès que la production solaire recharge suffisamment la batterie. Il est également normal que la production solaire soit réduite, voire arrêtée par moments pendant une coupure : votre installation la pilote volontairement pour ne pas dépasser ce que les circuits secourus et la batterie peuvent absorber sur un réseau désormais isolé.
Combien de temps ça tient ?
L'autonomie en secours se calcule avec deux nombres : l'énergie disponible dans la batterie au moment de la coupure, et ce que consomment les circuits secourus.
L'énergie disponible. Elle dépend de la capacité installée — par unités de 4,8 kWh — et du
niveau de charge au moment où le réseau tombe. Une partie de la batterie n'est toutefois jamais
utilisable : le curseur Niveau minimum de charge de l'application ne descend pas sous 10 %,
et cette tranche correspond à la profondeur de décharge maximale des cellules (90 %, voir la
fiche technique). Elle reste inaccessible, coupure ou pas. Ce que vous réglez
au-dessus de 10 % est en revanche réservé au secours : en fonctionnement normal, la batterie
s'arrête à ce niveau ; pendant une coupure, elle le consomme, jusqu'à 10 %.
réserve garantie (kWh) = capacité (kWh) × (niveau minimum réglé − 10 %)
autonomie (h) = réserve (kWh) ÷ puissance moyenne des circuits secourus (kW)
Ce que consomment les circuits secourus. C'est la puissance moyenne sur la durée qui compte, pas celle indiquée sur les appareils : un réfrigérateur ou un congélateur ne tourne qu'une fraction du temps.
| Profil | Puissance moyenne | Ce qui tourne |
|---|---|---|
| Vital | ≈ 100 W | réfrigérateur, congélateur, box internet |
| Confort de base | ≈ 300 W | le profil vital, plus l'éclairage LED de quelques pièces, un ordinateur portable, une télévision et les veilles |
| Soirée d'hiver | ≈ 600 W | le profil confort, plus la chaudière (circulateur et électronique), une pompe de cave par intermittence, davantage d'éclairage et de petits appareils |
Ces profils sont des ordres de grandeur : vos appareils, leur âge et vos habitudes font varier la
moyenne réelle. Pour connaître la vôtre, l'historique horaire de Ma consommation dans
l'application montre ce que la maison consomme la nuit, quand seuls les
appareils de fond tournent.
Ce que vaut chaque tranche de 10 % du curseur :
| Capacité installée | 10 % du curseur | Vital (100 W) | Confort de base (300 W) | Soirée d'hiver (600 W) |
|---|---|---|---|---|
| 4,8 kWh | 0,48 kWh | ≈ 5 h | ≈ 1 h 30 | ≈ 45 min |
| 9,6 kWh | 0,96 kWh | ≈ 9 h 30 | ≈ 3 h | ≈ 1 h 30 |
| 14,4 kWh | 1,44 kWh | ≈ 14 h 30 | ≈ 5 h | ≈ 2 h 30 |
Au-delà de 14,4 kWh (extension externe), la règle de trois s'applique : chaque unité de 4,8 kWh ajoute 0,48 kWh par tranche de 10 %.
Exemple illustratif. Batterie de 9,6 kWh, curseur réglé à 30 % : deux tranches de 10 % au-dessus du plancher technique, soit 1,9 kWh garantis. De quoi tenir environ 19 heures en profil vital, 6 heures en confort de base, ou 3 heures une soirée d'hiver — au minimum, quel que soit le moment de la coupure.
Ce minimum est rarement ce dont vous disposerez réellement : le plus souvent, la batterie est au-dessus de son plancher quand le réseau tombe, et si la coupure survient en journée, le solaire continue de la recharger — dans les limites du pilotage en réseau isolé décrit plus haut. La notification de coupure vous donne l'estimation calculée sur votre situation du moment.
Quel niveau minimum de charge choisir ?
Le curseur Niveau minimum de charge (Menu > Paramètres de la batterie) fixe la réserve garantie
pour le secours. Chaque point réglé au-dessus de 10 % est un point que la batterie ne consacre plus
à votre consommation du soir : les nuits où elle aurait continué à descendre, ce complément vient du
réseau. Le coût réel dépend donc du nombre de nuits où votre batterie atteint effectivement son
plancher — fréquentes en hiver, rares en été sur une batterie bien dimensionnée.
Partez de la durée que vous voulez tenir, et remontez au pourcentage :
niveau minimum à régler = 10 % + (heures voulues × puissance moyenne en kW) ÷ capacité en kWh
Par exemple, une nuit de 10 heures en confort de base (300 W) sur 9,6 kWh demande 3 kWh, soit environ 31 points au-dessus du plancher : un curseur à 40 %.
| Votre situation | Réglage indicatif |
|---|---|
| Coupures rares, rien de critique, priorité aux économies | 10 % — aucune réserve garantie : vous disposez de ce qui reste au moment de la coupure |
| Garder le réfrigérateur, le congélateur et internet quelques heures à une nuit | 20 à 30 % |
| Coupures fréquentes dans votre zone, télétravail, équipement qui ne doit pas s'arrêter | 40 à 50 %, en acceptant d'y consacrer une part notable de la capacité quotidienne |
Quel que soit votre réglage, la réserve minimale adaptative relève le plancher d'elle-même quand les prévisions annoncent que la batterie ne pourra pas se recharger — typiquement en hiver, quand une coupure est la plus pénalisante. Votre curseur est le minimum garanti par beau temps ; en période couverte, la réserve réelle est le plus souvent plus haute.
Ce que vous voyez dans l'application
Au passage en mode secours comme au retour du réseau, vous recevez une notification push dans l'application : elle signale la coupure détectée avec une estimation de votre autonomie restante, calculée à partir de vos prévisions de consommation, de production et du niveau de charge au moment de la coupure, puis une seconde notification vous prévient dès que l'alimentation normale par le réseau est revenue.
Pour recevoir ces alertes le jour où vous en aurez besoin, vérifiez que les notifications de l'application Azimut Energy sont autorisées dans les réglages de votre téléphone. Si la coupure emporte aussi votre connexion internet, en revanche, aucune notification ne peut partir : votre installation n'a alors plus aucun moyen de vous joindre.
Pendant la coupure elle-même, l'application ne reçoit plus rien : elle dépend de la même connexion internet que la coupure a probablement emportée. Sur les modèles qui en sont équipés (Azen 230S et 230S PV), seul le ruban LED continue de vous informer en direct, localement. Voir Ruban LED RGB.
Ce que ça change sur votre facture
Contrairement à l'autoconsommation ou à la charge intelligente, l'alimentation secourue n'a pas vocation à réduire votre facture mensuelle : sa valeur se mesure en continuité de service, pas en euros économisés. Elle évite les conséquences concrètes d'une coupure — un congélateur qui dégivre, du télétravail interrompu, une pompe de cave à l'arrêt pendant un orage, des équipements électroniques qui redémarrent mal — sans qu'il soit réaliste d'y attacher un chiffre unique : cela dépend entièrement de ce qui se trouve sur vos circuits secourus et de la fréquence des coupures dans votre région.
Pour qui c'est utile
L'alimentation secourue est incluse d'office avec votre installation : elle ne dépend d'aucune option tarifaire, d'aucun contrat et d'aucun régime de compensation. Elle est particulièrement appréciable si les coupures sont fréquentes dans votre zone, ou si certains équipements — informatique, congélateur bien rempli, pompe de cave — justifient une continuité renforcée.
Le périmètre des circuits secourus est fixé au câblage, lors de l'installation. Si vous souhaitez qu'un circuit supplémentaire soit secouru, ou au contraire en retirer un devenu trop gourmand, cela suppose une intervention de votre installateur, pas un simple réglage dans l'application.
Activer ou désactiver
Il n'existe pas d'interrupteur « alimentation secourue » dans l'application : la fonction est active en permanence, dès l'installation. Seul un commutateur physique, positionné par votre installateur, peut la mettre hors service : en position de contournement, vos circuits sont raccordés directement au réseau et ne sont plus secourus du tout en cas de coupure. Cette position n'est normalement utilisée que ponctuellement, pour une intervention technique — si vous la découvrez sans savoir pourquoi, contactez votre installateur.
👉 Bypass (inverseur de source) — les deux positions, comment
reconnaître la vôtre, et pourquoi elle doit revenir sur I.
Couper volontairement le disjoncteur qui alimente votre système est le bon moyen de vérifier que le secours fonctionne — c'est d'ailleurs exactement le test que fait votre installateur en fin de mise en service. Les circuits secourus doivent rester sous tension. Si ce n'est pas le cas, vous venez de découvrir un problème avant d'en avoir besoin : contactez votre installateur.
Normal ou pas normal ?
| Ce que vous observez | Normal ? | Que faire |
|---|---|---|
| Un appareil ne redémarre pas pendant une coupure | Oui, s'il n'est pas raccordé à la sortie secourue | Voir Elle n'a pas pris le relais pendant une coupure |
| L'application n'affiche plus rien pendant la coupure | Oui, elle dépend d'internet, généralement coupé en même temps | Patientez ; utilisez le ruban LED si votre modèle en est équipé |
| La notification de coupure n'est pas arrivée | Normal si votre connexion internet a été coupée en même temps ; sinon, vérifiez vos réglages | Autorisez les notifications de l'application Azimut Energy dans les réglages de votre téléphone |
| Les circuits secourus se sont éteints en pleine coupure | Oui, si la batterie s'est vidée | Ils se rallument au retour du réseau ou dès que le solaire recharge suffisamment |
| L'autonomie a été plus courte que prévu | Souvent, oui | Un appareil plus gourmand que prévu sur le circuit secouru, ou une coupure survenue batterie basse : voir Combien de temps ça tient ? |
| La production solaire semblait réduite pendant la coupure | Oui, c'est un pilotage volontaire du réseau isolé | Rien à faire |
| Les circuits secourus se coupent alors que le réseau est présent | Non, signale probablement une surcharge | Contactez votre installateur pour déplacer les charges lourdes hors du périmètre secouru |
| Le commutateur est en position de contournement | Pas de secours possible dans cette position | Contactez votre installateur si ce n'est pas voulu |
Pour tout autre comportement qui vous surprend, la page Pourquoi ma batterie fait ça ? couvre les cas les plus fréquents un par un.