Votre rue est alimentée par un groupe électrogène
Cette page décrit un comportement normal et réglementaire, commun à tous les onduleurs du marché. Si votre situation ne correspond pas à ce qui est décrit ici — en particulier si la production ne revient pas après le retour du réseau — votre installateur est le bon interlocuteur.
Le scénario est toujours le même : des travaux ou une panne ont privé la rue d'électricité, le gestionnaire de réseau a installé un groupe électrogène mobile pour réalimenter le quartier, le courant est revenu partout — et pourtant votre onduleur photovoltaïque ne produit plus rien. Ce n'est ni une panne de votre installation, ni un dysfonctionnement du groupe : c'est le comportement attendu, et il est identique chez tous vos voisins équipés de panneaux.
Ce qui change quand un groupe remplace le réseau
En temps normal, votre onduleur est couplé à un réseau interconnecté à l'échelle du continent : des milliers de centrales et des millions de consommateurs tiennent ensemble la tension et la fréquence, et le surplus que vous injectez y est toujours absorbé. Un groupe électrogène, lui, est une machine seule. Trois différences en découlent, et chacune suffit à mettre un onduleur à l'arrêt :
| Réseau interconnecté | Groupe électrogène seul | |
|---|---|---|
| Absorption de l'injection | Toujours possible : le surplus se dilue dans l'ensemble du système | Généralement impossible : un groupe est conçu pour fournir de la puissance, pas pour en recevoir |
| Tenue de la tension et de la fréquence | Assurée par l'ensemble du système européen, très stable | Assurée par la régulation d'une seule machine : variations plus larges, sensibles à chaque appareil qui démarre dans la rue |
| Signal vu par l'onduleur | Conforme aux plages de la prescription Synergrid C10/11 | Souvent hors plage, ou trop instable pour autoriser le couplage |
Pourquoi l'arrêt est obligatoire, pas accidentel
Tout onduleur raccordé en Belgique applique la prescription technique Synergrid C10/11. Elle lui impose de surveiller en permanence la tension et la fréquence, et de ne rester couplé — ou de ne se recoupler — que lorsque les deux se trouvent dans des plages définies. C'est le même mécanisme qui provoque les décrochages par temps très ensoleillé : au-delà de 253 V en moyenne sur 10 minutes, ou de 264,5 V en instantané, l'onduleur se déconnecte.
Cette surveillance a une seconde fonction, moins connue : la protection anti-îlotage. Un onduleur ne doit jamais alimenter seul un tronçon de réseau que le gestionnaire croit hors tension — c'est une question de sécurité pour les équipes qui interviennent sur les lignes. L'onduleur exige donc un réseau présent, stable et conforme avant de produire ; dans le doute, il s'abstient.
Face à un groupe électrogène, ces règles convergent toutes vers le même résultat : le signal fourni est celui d'une machine seule, dont la fréquence et la tension fluctuent au gré des charges du quartier, et qui ne pourrait de toute façon pas absorber l'injection de plusieurs installations photovoltaïques. Les onduleurs de la rue restent donc à l'arrêt, le temps que dure le dépannage.
N'éteignez pas votre onduleur, ne coupez pas de disjoncteur, ne modifiez aucun réglage. Au retour du réseau normal, l'onduleur observe le délai réglementaire de surveillance — quelques minutes pendant lesquelles il vérifie que la tension et la fréquence sont redevenues stables — puis se recouple et reprend la production, automatiquement.
Et votre batterie, pendant ce temps ?
Votre batterie applique les mêmes règles que l'onduleur : sa protection réseau, toujours active, suspend toute injection tant que le signal n'est pas conforme. En revanche, les circuits raccordés à l'alimentation secourue ont continué de fonctionner pendant la coupure elle-même, avant l'arrivée du groupe : c'est précisément son rôle.
Une installation capable de fonctionner en îlot — isolée du réseau, avec la batterie qui fabrique elle-même sa référence de tension — peut continuer à alimenter la maison et, selon la configuration, à utiliser une partie de la production solaire pendant la coupure. Ce que personne ne peut faire, en revanche, c'est injecter vers un groupe électrogène : cette limite vaut pour toutes les marques et toutes les technologies.
Ce que cela coûte, et à qui le signaler
L'énergie non produite pendant un dépannage au groupe électrogène est perdue, comme lors d'un décrochage — mais l'échelle est différente : un dépannage dure des heures ou quelques jours, et il est exceptionnel. Il n'y a rien à signaler au GRD : l'alimentation par groupe est sa solution provisoire, il sait que les onduleurs du quartier sont à l'arrêt, et le retour à la normale relève de son chantier. Si les travaux étaient planifiés, l'avis de coupure distribué dans la rue en indique généralement la durée prévue.
Normal ou pas normal ?
| Ce que vous observez | Est-ce normal ? | Que faire |
|---|---|---|
| Production nulle pendant toute l'alimentation par le groupe | Oui, comportement réglementaire | Attendre le retour du réseau |
| L'onduleur affiche une erreur « réseau », « tension » ou « fréquence » | Oui, c'est le motif de son attente | Rien à faire, le code disparaîtra au retour du réseau |
| L'onduleur redémarre puis se recoupe plusieurs fois | Oui, le signal du groupe repasse par moments dans les plages autorisées | Rien à faire |
| Les circuits secourus fonctionnent mais pas les autres | Oui, pendant la coupure elle-même | Voir Alimentation secourue |
| La production n'est pas revenue plusieurs heures après le retour du réseau normal | Non | Contactez votre installateur |
Sources
- Synergrid — prescription technique C10/11, édition 2.4 du 15 octobre 2025 : conditions de raccordement et de couplage des installations de production décentralisée, seuils de déconnexion en tension et en fréquence.
- ORES — Le réseau, les panneaux, les onduleurs et Décrochage de votre onduleur — le gestionnaire de réseau y confirme l'arrêt des onduleurs pendant une alimentation par groupe électrogène.
Le vocabulaire de cette page — îlotage, couplage, décrochage — est repris dans le lexique.